Ce que veulent les avocates

En France, les femmes n’ont le droit d’exercer le métier d’avocat que depuis 1900. Or, bien que la profession se soit largement féminisée depuis, je constate quotidiennement auprès de mes clientes une inadéquation entre leurs besoins et les solutions mises à leur disposition. Pourtant, des deux côtés de l’Atlantique, leurs attentes sont loin d’être irréalistes.

La principale requête des avocates est d’exercer un travail stimulant, utile et rémunérateur, en consacrant du temps à leurs proches et en préservant du temps pour elles. Cet équilibre entre une carrière qui a demandé de longues années d’études, ainsi qu’un investissement important, et leur vie privée ne devrait pas être une option facultative ! Mais cela implique une plus grande flexibilité de leurs conditions de travail, tant au niveau des horaires que des lieux (télétravail, visioconférences…). 

Une autre demande essentielle est d’obtenir la juste reconnaissance de leurs compétences, dévouement et efficacité. Bien qu’elles aient parfois du mal à être objectives sur leurs propres talents et ambitions personnelles. Comme leurs homologues masculins, les avocates ont le droit de réussir brillamment tout en restant femmes à part entière. Mais la culpabilité de devoir s’absenter à la moindre urgence personnelle les empêche souvent d’être ambitieuses, quand elles ne sont pas stigmatisées par leur hiérarchie.

Bien souvent pourtant, elles se montrent si exigeantes envers elles-mêmes, qu’elles en oublient qu’elles sont humaines et ont le droit d’être faillibles ou fatiguées. Or c’est une illusion de vouloir être toujours disponible et efficace dans tous les domaines. 

Osez être imparfaite, acceptez de ne pas tout réussir, de ne pas être ambitieuse tout au long de votre carrière, de rire d’une « boulette », d’affirmer vos droits et vos besoins et surtout, osez dire non, à un associé ou un client, si la demande ne cadre pas avec vos valeurs.

Avant de se positionner ainsi, les avocates ont besoin de savoir qu’elles ne sont pas seules et que c’est le contexte professionnel qui n’est simplement pas adapté. Cela ne veut pas dire qu’il faille quitter la profession ou renoncer à s’épanouir personnellement pour réussir sa carrière. En fait, il existe autant de solutions que de femmes ! À chacune de trouver sa recette personnelle et évolutive du bonheur. 

Le premier conseil que je leur donnerais ? Soyez bienveillantes, plus objectives et douces avec vous-même, à l’écoute de votre propre (bio)rythme. Commencez par envisager qu’il est utopique de trouver un équilibre parfait entre toutes vos dimensions. 

Gandhi a dit « Le bonheur, c’est lorsque vos actes sont en accord avec vos paroles. » Pour moi, le bonheur c’est d’être alignée, de savoir et d’accepter qui l’on est, pour faire en sorte que nos valeurs se reflètent dans notre vie. Cette démarche nécessite un grand courage, de la détermination et souvent de l’aide. Mais quelle victoire de s’approcher davantage de soi chaque jour !

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